Fandom

Cercamon

Borges/sur la lecture silencieuse

< Borges

155pages sur
ce wiki
Ajouter une page
Discussion0 Partager

http://cercamon.wordpress.com/1998/09/25/lecture-silencieuse-borges/

Relecture de l’article de Borges, “du culte des livres”.

Ce que je cherchais dans l’article de Borgès, c’était une formulation “classique” (c’est-à-dire, aussi, d’une certaine tenue littéraire et lapidaire) de la thèse de Balogh. Je dois dire que je l’ai trouvée, sous une forme qui semble d’évidence mais où je peux reconnaître, maintenant que je relis l’article informé de ses attendus, beaucoup d’éléments de la problématisation de cette thèse.

La phrase importante, dans un premier temps, est la dernière (!). 1ère thèse de l’article de Borgès (quant à la lecture silencieuse).

Pour les Anciens, le langage écrit n’était qu’un succédané du langage oral (une simple technique, non une magie).
Donc ils ne vénéraient pas le livre.
La lecture silencieuse est une technique inventée à la fin du IVe siècle.
C’est elle qui, en transférant le sens aux signes écrits, a donné naissance au culte des livres.

Mais l’exemple alexandrin vient, selon moi, contredire l’affirmation qu’elle introduit. Je veux considérer la bibliothèque d’Alexandrie comme le rejeton des bibliothèques orientales, comme celle de Ninive, les similitudes sont trop pertinentes (voir citation faite la semaine dernière). Le mouvement du temps, entre Ninive et Alexandrie, étant plutôt celui d’une laïcisation, d’une technicisation de l’objet écrit (mouvement imparfait).

Ce cosmopolite de Borgès, ce bon connaisseur de l’Orient lointain (Inde, Chine) ou récent (Islam), ne comprend dans les Anciens que les Grecs et les Latins (les Indo-européens), voir la suite, le gauchissement.

Points importantsModifier

  1. dialectique sémites / indo-européens. On peut expliquer la bibliothèque d’Alexandrie selon cette dialectique (et derrière elle, en partie, Aristote).
    1. Laïcisation du culte oriental quasi-magique de l’écrit.
    2. Et, corollairement (Aristote), laïcisation de la pensée (et dans cette mesure éloignement de la source commune donc désorientalisation) par le biais de cette technologie de la pensée qu’est l’écriture. Il fallait pour que naisse la pensée encyclopédique alexandrine (et avec elle, dans une large mesure, la pensée scientifique, la forme du monde qui est la nôtre) à la fois:
      1. la valorisation orientale, sémite, de l’écrit, contre Platon:
        1. Ptolémée imite incontestablement Assurbanipal, même si pour lui il ne s’agit plus d’amasser des objets magiques, porteurs en eux-mêmes de pouvoir, mais plus médiatement de faire acte de souverain à l’orientale, d’amasser du prestige.
        2. (Je tire un peu trop, peut-être, l’entreprise d’Assurbanipal (voir: Assurbanipal/Lettre d’un roi assyrien du VIIe siècledu côté de la récolte d’objets magiques: l’efficacité des tablettes n’est-elle pas pour lui qu’intermédiaire, l’efficacité finale se trouvant dans l’effectuation des formules inscrites?)
    3. que l’appréhension utilitaire grecque de l’écriture laïcise les collections amassées, en fasse un outil.
  2. gauchissement chez Borgès: les exemples anciens allégués par B. de sacralisation de l’écrit sont choisis dans les cultures sémitiques (Islam, kabbale) mais postérieurs à l’”invention” de la lecture silencieuse.
    1. La bibliothèque de Ninive est en creux derrière celle d’Alexandrie.
    2. Borgès ne pouvait pas ignorer la place quasi-idolâtre des rouleaux de la Torah chez les Juifs bien avant le 4e siècle.
    3. Tablettes de fondation mésopotamiennes. Prologue du Gilgamesh.

Interférence d'un bloqueur de publicité détectée !


Wikia est un site gratuit qui compte sur les revenus de la publicité. L'expérience des lecteurs utilisant des bloqueurs de publicité est différente

Wikia n'est pas accessible si vous avez fait d'autres modifications. Supprimez les règles personnalisées de votre bloqueur de publicité, et la page se chargera comme prévu.

Sur le réseau Fandom

Wiki au hasard